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Artificialisation des terres mobilisation

Salariés, Agriculteurs : pouvoir vivre de son travail, bénéficier d’une alimentation saine et d’un environnement préservé, une nécessité absolue

Alors que se prépare une grande mobilisation à Paris le 2 mars, le CCL18 signe un texte commun avec les CGT 78 et Essonne ainsi que la Confédération paysanne Île-de-France.

Mortifères pour les agriculteurs, mortifères pour les salariés, destructrices des services publics, de l’environnement et du climat, les politiques menées au service des grandes entreprises et des multinationales doivent cesser.

Aujourd’hui l’actualité sociale est marquée par la lutte des agriculteurs asphyxiés financièrement. Elle l’est aussi dans de nombreuses entreprises par celles des salariés pour des augmentations de salaires et la défense du pouvoir d’achat. C’est le cas chez Safran, Thalès…

Les mêmes logiques de recherche de profits immédiats et l’utilisation d’argent public au service des multinationales conduisent à la destruction de l’environnement, de la biodiversité et contribuent au dérèglement climatique et à l’aggravation de ses effets.

C’est particulièrement le cas sur le Plateau de Saclay où les projets « d’aménagements » organisés par le grand patronat, nos gouvernants et leurs relais locaux sont dévastateurs pour l’environnement, l’agriculture et pour les populations environnantes des Yvelines et de l’Essonne :

  • artificialisation des sols (avec ses conséquences en matière de gestion de l’eau et de risques d’inondation),
  • destruction de terres agricoles parmi les meilleures d’Europe réduisant drastiquement les possibilités d’aller en Ile-de-France vers une agriculture paysanne, respectueuse de l’environnement, avec des circuits courts,
  • destruction de la bio-diversité et disparition d’espèces,
  • augmentation des nuisances et de la pollution.

Sur le plateau de Saclay, comme dans d’autres régions, cela conduit à la concentration des services publics, à leur dégradation et à leur éloignement des usagers : c’est particulièrement le cas pour les services hospitaliers.

Sur le plateau de Saclay comme ailleurs, ces mêmes logiques au service de grosses entreprises asphyxient les agriculteurs tout en exploitant les salariés, en délocalisant et en détruisant des emplois. Danone, Servier, IBM, Renault, Safran, pour ne citer que celles-ci, implantées sur le plateau, ont toutes procédé ou procèdent à des délocalisations ou à des suppressions d’emplois tout en recevant des aides publiques à fond perdu.

Ce ne sont pas les luttes écologiques et les luttes sociales qui contribuent à l’asphyxie des agriculteurs.

Ce ne sont pas les agriculteurs qui sont responsables des désastres écologiques.

Ciblons les vrais responsables : ce sont ces multinationales et les gouvernants qui les soutiennent, adeptes du tout marché et du libre-échange sans contrôle.

Ils mettent en concurrence les travailleurs entre eux, en précarisant leurs sous-traitants, en utilisant des travailleurs détachés et avec des délocalisations. De la même façon que sont mis en concurrence déloyale les agriculteurs par l’importation de produits fabriqués avec des normes sanitaires, environnementales et sociales inacceptables. En refusant d’augmenter significativement les salaires et le pouvoir d’achat des salariés, ils contribuent à faire pression sur les prix des produits agricoles, à empêcher le développement de filières de qualité avec des rémunérations permettant d’en vivre.

D’autres solutions sont possibles, en changeant de modèle agricole, économique et social.

Il faut :

  • cesser la dérégulation du marché au niveau européen, lutter contre la spéculation sur les matières premières et sortir des accords de libre-échange,
  • instaurer un prix garanti pour les produits agricoles et mettre en place un prix minimum d’entrée sur le territoire national,
  • mettre en place un accompagnement économique à la transition agro-écologique à la hauteur des enjeux,
  • encadrer les marges de la grande distribution et de l’agro-alimentaire,
  • l’application de normes sociales de haut niveau pour tous les salarié∙es de la filière, du donneur d’ordre aux sous-traitants, et ceux induits par l’activité (transports, approvisionnement, production des matières premières…),
  • augmenter les salaires dans la filière agro-alimentaire, particulièrement pour les femmes, mais aussi celui de tous les salariés, pour leur garantir le droit à se nourrir et à une alimentation saine,
  • un moratoire sur tous les chantiers en cours sur des terres agricoles du plateau de Saclay, jusqu’à ce que des solutions effectives soient trouvées pour la protection de son avenir agricole et de sa biodiversité.

Il n’y a pas d’argent magique : il faut donc mettre à contribution les profiteurs de crise : à commencer par les actionnaires de l’industrie agro-alimentaire, de la grande distribution, de l’énergie et des transports maritimes. Il n’y a pas d’argent magique : commençons par taxer les super-profits.

Ce n’est pas en demandant le droit d’utiliser des produits nocifs pour les gens et la nature que nous nous en sortirons. C’est en protégeant les agriculteurs contre la concurrence déloyale et en leur donnant les moyens de vivre en produisant de la qualité et en protégeant l’environnement.

C’est pourquoi nous appelons la population à se mobiliser :

– pour soutenir les revendications des agriculteurs, pour des conditions de vie dignes et pour une juste rémunération des services rendus

– pour soutenir les luttes des salariés pour des augmentations de salaires et contre les suppression d’emplois,

pour agir avec les associations et collectifs de citoyennes et citoyens pour la préservation des terres agricoles du Plateau de Saclay.


Samedi 2 mars à Paris : Grande mobilisation paysanne et citoyenne

Alors que le salon de l’agriculture s’apprêtera à fermer ses portes, les paysan·nes de la région ainsi que les citoyen·nes soucieux du bien-être agricole et de la protection de l’environnement vous invitent à un moment revendicatif et festif samedi 2 mars entre 14h et 19h place de la République à Paris.

Le Collectif Contre la Ligne 18 (CCL18) et l’artificialisation des terres de Saclay sera aux cotés de la Confédération Paysanne d’Île-de-France et de l’ensemble des organisations présentes (liste complète sur la page officiellepour revendiquer un vrai revenu paysan en soutien à la transition agroécologique, pour la préservation des terres agricoles et le développement d’une agriculture nourricière et respectueuse de l’environnement et de la santé.

Le CCL18 tiendra un stand avec la coordination des Luttes Locales d’Île-de-France pour dénoncer la destruction des terres fertiles d’Île-de-France et la poursuite annoncée du bétonnage dans le cadre du nouveau schéma directeur régional d’aménagement et d’urbanisme prétendument environnemental (SDRIF dit « E »). Il participera activement aux festivités et aux débats organisés dans ce contexte (8 tables rondes).

Page officielle de la mobilisation

Page Facebook de l’événement